Construire un relais en escalade : techniques, matériel et assurage

Un relais se construit toujours sur 2 points distincts et indépendants.

  • Relais équipé : clipper 2 mousquetons dans les anneaux.
  • Relais non chaîné : relier les points avec une sangle ou vache.
  • Passer la corde dans le maillon rapide central, jamais la chaîne.
  • Terrain d’aventure : triangulation avec du cordeau.
  • Règle d’or : chaque point doit encaisser seul une chute.

Les différents types de relais en escalade

En escalade, le relais est le point de sécurité qui relie la cordée à la paroi. Avant toute chose, retenez la règle d’or absolue : un relais se construit toujours sur 2 points distincts et indépendants (spits, broches, coinceurs). Si l’un cède, l’autre doit pouvoir encaisser seul la chute. Un seul point, aussi bon soit-il, n’est pas un relais.

La méthode de construction dépend du type d’équipement en place. Voici les configurations principales que vous rencontrerez en falaise ou en montagne.

Type de relais Caractéristiques Méthode d’utilisation
Relais équipé Points reliés par une chaîne Cliper les 2 mousquetons dans les anneaux
Relais chaîné Maillon rapide central sur chaîne Passer la corde dans le maillon, sans désencordement
Relais non chaîné 2 spits ou broches séparés Relier avec une sangle ou une vache
Terrain d’aventure Points naturels (coinceurs, sangles) Construire une triangulation avec du cordeau

Relais équipé : la méthode simple

Sur les voies équipées modernes, les 2 points sont souvent déjà reliés par une chaîne. Dans ce cas, la manipulation est simple : vous clipez vos 2 mousquetons dans les anneaux prévus à cet effet. La corde passe directement dans le maillon rapide central, jamais dans la chaîne elle-même, pour éviter tout frottement.

Relais non chaîné : sangle et vache

Quand les points sont distincts et non reliés, il faut créer la liaison. La solution standard consiste à poser une sangle entre les 2 points, puis à y connecter une vache (longe réglable) pour vous encorder. Cette méthode permet de rester relié à la paroi tout en manipulant la corde.

Cette liste n’est pas exhaustive : il existe de nombreuses variantes selon le contexte, le matériel disponible et les préférences de chacun. Ce qui compte, c’est la fiabilité du montage final.

Matériel indispensable pour installer un relais

Avant de construire votre relais, il faut rassembler un équipement spécifique. Chaque élément a un rôle précis, et aucun ne peut être improvisé ou remplacé par un substitut de fortune. Voici la liste essentielle à avoir dans votre sac pour sécuriser vos relais en grande voie ou en terrain d’aventure.

  • Deux broches ou spits obligatoires : la règle d’or veut que le relais repose sur 2 points distincts et indépendants, chacun devant résister seul à une chute.
  • Sangle plate et vache : la solution standard pour relier les 2 points. La sangle assure la triangulation, tandis que la vache vous sécurise au relais pendant les manipulations.
  • Maillon rapide ou anneau : c’est le point de passage de la corde. Il se visse dans le système, jamais directement dans la chaîne ou le spit, pour éviter toute usure prématurée.
  • Mousquetons à vis : indispensables pour l’assurage du leader et du second. Ils garantissent un verrouillage fiable, même en cas de fortes sollicitations.
  • Corde de liaison : une alternative à la sangle pour relier les points. Un brin de cordelette ou un anneau de corde permet de réaliser un relais robuste et réversible sans sangle ni vache.

Ce matériel de base forme le socle d’un relais fiable. Il est impératif de connaître son fonctionnement et ses limites avant de s’en servir en situation réelle. Une mauvaise utilisation du matériel peut compromettre la sécurité de toute la cordée.

Pensez à vérifier l’état de votre matériel avant chaque sortie : une sangle effilochée ou un maillon rapide bloqué doivent être remplacés immédiatement. La fiabilité de votre relais dépend directement de la qualité et de l’entretien de ces équipements.

Construire et confectionner un relais fiable

La construction d’un relais est une étape clé de l’ascension. Elle engage la sécurité de toute la cordée. Un relais ne se bricole pas : il se construit avec méthode, en reliant deux points distincts (splits, broches, goujons) par une chaîne, une sangle ou une corde. La corde ne doit jamais passer directement dans le maillon de chaîne ou le split : elle se place dans un maillon rapide ou un anneau prévu à cet effet, sous peine d’user la gaine et de fragiliser le point.

Avant toute manipulation, la règle d’or est de tester la tenue du relais en pesant de tout son poids. Une fois cette validation faite, le grimpeur dispose de deux méthodes principales pour confectionner son installation. Le choix dépend du matériel disponible (sangle, vache, corde) et du niveau de réversibilité souhaité pour la descente.

La triangulation avec sangle et vache

  • Équilibre des points : répartit la charge sur les 2 ancrages.
  • Répartition des efforts : la triangulation réduit l’angle au point central.
  • Montage rapide : installation simple et intuitive, idéale en tête.
  • Vache en complément : assure une liaison directe au relais.

Cette technique consiste à relier les deux points avec une sangle, fermée par un nœud de chaise ou un nœud de pêcheur double, pour former un triangle. Le grimpeur se connecte ensuite à ce point central avec une vache (une longe cousue ou dynamique). La triangulation offre l’avantage de répartir les efforts de manière équilibrée. Toutefois, elle génère un angle au niveau du point central qui, s’il dépasse 60 degrés, augmente considérablement la force sur chaque ancrage. Par ailleurs, la sangle étant une pièce d’usure, il est recommandé de vérifier son état et sa date de fabrication. Cette méthode est la plus standard pour les relais non équipés.

La vache, souvent réglable, permet au grimpeur de se positionner confortablement et de manipuler la corde. Une fois le relais triangulé et la vache en place, le leader est assuré sur deux points distincts et peut procéder à l’assurage du second en toute sécurité.

L’anneau de corde comme alternative

L’anneau de corde constitue une excellente alternative à la sangle, notamment sur les terrains où l’on souhaite limiter le matériel. Il s’agit d’une boucle de corde (souvent en dyneema ou en cordelette) qui relie les deux points. Son avantage principal réside dans sa réversibilité : il peut être défait après usage et servir de longe pour la descente en rappel. Cette méthode est prisée en terrain d’aventure, où chaque gramme compte.

La mise en place est similaire à celle de la sangle : l’anneau passe dans les deux points et se connecte à un maillon rapide. La triangulation reste possible, mais l’anneau de corde accepte moins bien les angles très ouverts. Il faut alors privilégier un montage où les brins restent parallèles pour éviter des contraintes excessives. Cette solution, sans sangle ni vache dédiée, est très efficace pour un relais simple et rapide, à condition de s’entraîner à son nœud de fermeture. Le nœud de pêcheur double, ou un nœud en huit, est alors essentiel pour garantir la solidité de l’ensemble.

Manipulations au relais : désencordement et passage de corde

Passage de la corde au relais

Une fois le relais construit et votre tenue validée, l’étape suivante consiste à faire passer la corde dans le point de passage prévu à cet effet. Cette manipulation doit être réfléchie : elle conditionne la suite de l’ascension et la sécurité du grimpeur qui vous suit.

  • Corde dans maillon rapide uniquement : le brin doit circuler dans l’anneau ou le maillon dédié.
  • Anneau prévu pour le passage : certaines installations intègrent un anneau spécifique pour limiter le frottement.
  • Jamais dans la chaîne : la corde ne doit jamais passer directement dans les maillons de chaîne ou les splits.
  • Vérifier le frottement : assurez-vous que la corde ne frotte pas contre une arête ou un angle vif.

Le choix de l’emplacement du passage influence directement la qualité de l’assurage. Un brin qui frotte sur la roche ou sur un point métallique non prévu à cet effet peut endommager la gaine de la corde et gêner le mou pendant l’assurage du second. Privilégiez toujours le point de passage le plus direct vers le grimpeur en contrebas.

Désencordement et méthodes réversibles

Le désencordement s’effectue uniquement dans un contexte précis : un relais chaîné avec un point de passage dédié, ou un relais sur anneau de corde. La règle d’or reste la même : on ne désencorde jamais la corde directement dans le maillon de chaîne. Cette pratique provoquerait une usure prématurée de la corde et compromettrait sa résistance en cas de chute.

Pour les situations où vous devez récupérer votre matériel ou vous réencorder, la méthode réversible avec un nœud de cabestan est particulièrement adaptée. Réalisé sur un brin de votre vache, il permet de créer un point d’attache temporaire et réglable qui se défait facilement après usage. Cette technique offre une combinaison pratique : la vache reste installée sur le brin avec le cabestan, ce qui permet de manipuler la corde en toute sécurité sans perdre de temps.

Avant toute manipulation de désencordement, la condition préalable est strictement identique : la tenue du relais doit avoir été validée par un test de charge ou une vérification minutieuse des points. Un relais fiable repose sur des points distincts interconnectés, et c’est cette fiabilité qui autorise les manœuvres en toute sérénité. Si vous utilisez un anneau de corde ou une sangle avec vache, la triangulation doit être correctement réalisée pour garantir une répartition optimale des forces entre les deux points.

Sécurité et vérification du relais avant manipulation

Avant toute manipulation, la fiabilité du relais repose sur deux points distincts et interconnectés. Cette règle d’or garantit la redondance : si un point cède, le second maintient la cordée. La tenue de l’ensemble doit être validée par un test de charge avant de vous désencorder ou de passer la corde.

Les tests terrain et laboratoire confirment des ordres de grandeur d’efforts importants en cas de chute. Un relais mal construit ou un point unique peut entraîner des forces dévastatrices sur le matériel et le grimpeur. Ne négligez jamais cette étape : elle conditionne toute la sécurité de la suite de l’ascension.

La formation et l’entraînement spécifique restent indispensables pour acquérir les bons réflexes. Consultez systématiquement les notices techniques des produits (sangles, maillons rapides, dégaines) avant utilisation. Une vérification visuelle et tactile du montage mousquetons vissés, nœuds serrés, orientations correctes doit devenir un automatisme à chaque relais.

Assurage au relais : leader et second

L’assurage au relais demande deux techniques distinctes : celle du leader qui repart en tête, et celle du second qui grimpe en moulinette sur la corde déjà en place. Chaque situation impose un montage différent, adapté au sens de la traction et aux contraintes du moment.

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Pour assurer le leader, l’assureur se place face à lui, frein côté sortie de corde, avec une gestuelle dynamique qui laisse filer du mou sans à-coups. Pour le second, on verrouille la corde dans le frein ou un bloqueur mécanique, tout en gardant la possibilité de rendre du mou rapidement pendant qu’il dégaine. Dans les deux cas, le relais doit être solide et parfaitement vérifié avant de commencer la manipulation.

La méthode la plus fiable consiste à monter l’assurage sur les deux points interconnectés du relais, et non sur un seul. Cela répartit les efforts et sécurise toute la cordée. Quel que soit le scénario, validez toujours la tenue du relais et la mise en place du dispositif avant d’annoncer « paré » à votre partenaire.




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