Comment construire un relais en escalade : guide pratique et techniques
Construire un relais en escalade dépend avant tout du type de terrain.
- Terrain équipé : relais pré-installé, simple à utiliser.
- Terrain d’aventure : construction manuelle en triangulation en V.
- Vérifiez toujours l’état des broches, chaînes et anneaux.
- Assurez le premier avec un frein adapté au diamètre de la corde.
- Gardez un contact permanent avec la corde pour une garde efficace.
- Le baudrier du leader doit être relié à l’anneau central.
Les différents types de relais et leur construction
Avant de construire un relais, la première distinction à faire concerne le type de terrain sur lequel vous évoluez. Un relais en école d’escalade n’a rien à voir avec un relais en terrain d’aventure, tant au niveau des points d’ancrage que des techniques de mise en place.
Le relais en terrain équipé (école d’escalade)
Dans une voie équipée, le relais est généralement déjà en place. Vous n’avez pas à le construire, mais à savoir l’utiliser. Ce type de relais se compose classiquement de :
- Deux broches scellées : les ancrages sont posés à demeure, souvent reliés entre eux.
- Chaîne + anneau central : c’est le point de liaison pour votre mousqueton et votre système d’assurage. L’anneau central répartit la charge entre les deux points.
- Normes FFME 2012 : depuis cette date, l’équipement des voies en France suit des règles précises concernant l’espacement et le type de scellement pour garantir une résistance minimale.
- Vérification visuelle préalable : avant de vous assurer, inspectez l’état des broches (rouille, jeu dans le scellement) et l’usure de la chaîne ou des maillons.
Ce relais sommital est fiable, mais il ne doit jamais être utilisé sans un contrôle minutieux de son état. Dans une voie très fréquentée, l’usure peut être rapide.
Le relais en terrain d’aventure (alpinisme)
Ici, rien n’est installé. Le relais est construit par vos soins à partir des éléments naturels ou posés par d’autres grimpeurs (coinceurs, sangles, friends). La technique la plus courante est la triangulation en V, qui permet de répartir la charge entre deux points d’ancrage distincts. Cette configuration diminue considérablement le risque qu’un point cède, car l’effort est divisé. L’objectif est de créer un relais non-exhaustif : un système équilibré où chaque point est indépendant, pour que la défaillance de l’un n’entraîne pas la chute de la cordée. Le premier relais au sol, souvent désigné sous le nom d’« attaque », suit la même logique de construction que les relais intermédiaires, mais il est souvent plus confortable à installer.
L’assurage du premier et du second au relais

Une fois le relais construit, la priorité est d’assurer le premier de cordée. En cas de chute, les efforts transmis au relais atteignent des ordres de grandeur importants : ils peuvent dépasser 6 kN sur le point d’assurage. Le baudrier du leader doit être solidement relié à l’anneau central, et l’assureur doit adopter une position stable, avec un frein adapté au diamètre de la corde.
L’assurage du second est tout aussi crucial : il doit être attaché au relais avant que le premier ne s’engage dans la longueur suivante. Une garde efficace, avec le poignet qui ne lâche jamais le brin sous tension, est la clé pour éviter les chutes traumatisantes. La communication vocale, comme « je te couvre », reste le réflexe de base dans toute configuration de relais, qu’il soit en terrain équipé ou en terrain d’aventure. La fluidité des manipulations dépend de la capacité à gérer le mou tout en gardant un contact permanent avec la corde.
Les manipulations de corde au relais
Au relais, la corde subit des efforts considérables lors d’une chute : les tests en laboratoire montrent que les frottements dans le mousqueton central peuvent atteindre plusieurs kilonewtons, réduisant l’efficacité de l’assurage. Une gestion rigoureuse du brin de corde qui monte vers le grimpeur évite les coincements et garantit une garde fluide.
Organisez les brins par boucles ordonnées dans un sac ou suspendus, en séparant clairement le brin du premier et celui du second. Cette méthode simple prévient tout nœud intempestif pendant la montée. Utilisez des mousquetons à verrouillage automatique pour connecter la corde au point central, et verrouillez systématiquement les doigts des mousquetons utilisés pour le renvoi.
L’installation du relais doit rester efficace et robuste pour limiter le temps passé au point de repos. Un système auto-bloquant sur le brin du second libère vos mains. Testez chaque manipulation avant de quitter le sol et entraînez-vous régulièrement jusqu’à ce que la séquence devienne un réflexe fiable.
Les principes de sécurité au relais
La fiabilité d’un relais repose sur la répartition de la charge entre les points d’ancrage. En triangulant vos points en V, vous diminuez considérablement les chances qu’un seul point cède sous l’effort, car la force d’une chute se disperse. Cette redondance est votre meilleure assurance contre la défaillance d’un ancrage individuel.
Les efforts générés par une chute sont immenses ; les tests en laboratoire et sur le terrain permettent de mesurer des ordres de grandeur qui justifient ces précautions. Pour garantir cette solidité, la formation et l’entraînement spécifique sont indispensables : la théorie ne suffit pas. La construction d’un relais fiable doit devenir un geste réflexe, exécuté avec rigueur, car il engage la sécurité de toute la cordée.
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Pour mettre en pratique ces gestes de sécurité, rien ne vaut le terrain. Ailleurs, les meilleurs sites d’escalade en Corse présentent des spots granitiques aux approches courtes, idéaux pour répéter les manips. Et pour renforcer la prise et la traction utiles au relais, un programme de tractions progressif propose des séances adaptées à tous les niveaux.
Pour compléter votre panoplie, sachez que la taille des chaussons d’escalade obéit à une règle d’ajustement précise, ni écrasée ni flottante.
Pour aller plus loin dans la maîtrise du matériel et du corps, un protocole de Stanish détaille les exercices excentriques et leurs phases de progression, utile quand un tendon résiste aux traitements classiques.
Contrôle des points et vérification du matériel au relais
Avant de vous encorder dans un relais, même parfaitement construit, un contrôle méthodique s’impose. Un œil exercé repère en quelques secondes une plaquette déformée, un goujon oxydé ou un anneau de chaîne entaillé. Prenez le réflexe de vérifier chaque point avant de vous y fier.
- Plaquettes et broches Vérifiez qu’aucune n’est tordue, fendue ou desserrée avant usage.
- Chaînes et anneaux Contrôlez l’usure, la corrosion et les entailles qui fragilisent l’acier.
- Ancrages non normés En terrain d’aventure, testez la stabilité de chaque point avant de le charger.
- Notices techniques Lisez les instructions du fabricant avant toute utilisation du matériel.
- Validation professionnelle Entraînez-vous avec un guide pour affiner votre œil et vos gestes.
Reconnaître l’état des points d’ancrage
Les broches scellées et plaquettes en école d’escalade répondent aux normes d’équipement FFME. Ces standards garantissent une résistance minimale et une forme codifiée des ancrages. Cependant, le temps et les conditions météo altèrent le métal : une plaquette peut se déformer sous l’effet d’une chute violente, et un scellement peut se fissurer après des cycles de gel-dégel. Inspectez visuellement chaque point lors de votre ascension. Si un doute subsiste, ne l’utilisez pas comme point central de votre relais : multipliez les points de sécurité et répartissez la charge.
Vérifier l’état des points permanents
Les points permanents installés dans les falaises (scellements, spit, plaquettes) doivent répondre à des règles de sécurité strictes. Leur résistance dépend de la qualité de l’ancrage initial et de son vieillissement. Un anneau de chaîne rongé par la rouille ou un maillon tordu constituent des signaux d’alarme. N’hésitez pas à tester la fixation en exerçant une traction latérale douce avant de vous y suspendre pleinement. Cette habitude simple, couplée à une lecture attentive des notices techniques de votre équipement, réduit considérablement les risques au moment critique du relais.
S’entraîner à l’évaluation avec un professionnel
La capacité à juger de la fiabilité d’un point s’acquiert avec l’expérience. Un guide de haute montagne ou un moniteur de club saura vous montrer les indices discrets d’un ancrage fatigué : bruit sourd au tapotement, jeu anormal du scellement, aspect de la roche environnante. Une séance d’entraînement dédiée à la construction et à l’inspection des relais vous permettra d’internaliser ces gestes de contrôle. Savoir lire un point, c’est déjà savoir protéger sa cordée.
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