Nœud de chaise en escalade : guide complet, réalisation et sécurité

Le nœud de chaise se défait facilement après une chute, contrairement au nœud de huit.

  • Il se desserre d’une simple traction même après un facteur de chute 2.
  • Un nœud d’arrêt impératif est obligatoire pour éviter tout glissement.
  • Sans tension constante, le nœud se desserre et peut lâcher mortellement.
  • Trois méthodes existent : tricotée, préparée et basculée pour divers contextes.
  • L’astuce mnémotechnique du serpent qui sort d’un puits évite les inversions.

Comment réaliser un nœud de chaise étape par étape

  • Méthode tricotée : la technique classique à deux mains, la plus visuelle et celle que tout débutant doit apprendre en premier. Idéale pour suivre une démonstration en salle ou sur une vidéo.
  • Méthode préparée : une variante à une main, utile quand vous devez garder l’autre main sur la corde ou sur une prise. Plus rapide à exécuter, elle demande un peu de pratique préalable pour être maîtrisée.
  • Méthode basculée : technique avancée qui permet de former le nœud même sous tension de la corde. Pratique dans une vire étroite ou après avoir déjà assuré quelqu’un en tête.
  • Astuce mnémotechnique : visualisez un serpent qui sort d’un puits, tourne autour d’un arbre et redescend dans le puits. Cette image mentale permet de ne jamais inverser le sens du brin courant.

Pour la méthode tricotée, commencez par former une petite boucle sur la corde principale. Passez ensuite l’extrémité libre dans cette boucle par en dessous c’est le serpent qui sort du puits. Contournez le brin dormant (l’arbre) avec l’extrémité libre, puis repassez-la dans la même boucle par le côté opposé. Tirez sur le brin dormant et l’extrémité libre pour serrer le nœud.

Quelle que soit la méthode choisie, vérifiez toujours que la ganse fixe (la boucle qui vous relie au mousqueton) soit bien formée et que les brins soient parallèles sans croisement. Un nœud de chaise correctement réalisé se reconnaît d’un coup d’œil : il ne glisse pas et garde une forme nette.

Utilisation du nœud de chaise en escalade et alpinisme

noeud de chaise escalade

En escalade sportive et traditionnelle

En escalade sportive et traditionnelle, le nœud de chaise sert principalement de nœud d’encordement pour relier le grimpeur au bout de la corde. Sa rapidité d’exécution et sa facilité de dénouement après une chute en font un choix apprécié des grimpeurs expérimentés. Contrairement au nœud de huit qui peut devenir extrêmement serré après une chute importante, le nœud de chaise se défait sans effort même après avoir encaissé un facteur de chute élevé. Cet avantage devient crucial lors de longues voies où l’on doit refaire son nœud plusieurs fois dans la journée.

  • Se défait facilement après chute : même après un facteur de chute 2, il se desserre d’une simple traction
  • Nœud d’arrêt impératif obligatoire : sans lui, le nœud peut glisser et se dénouer
  • Risque mortel sans tension constante : en l’absence de charge, il se desserre et peut lâcher
  • Vérification visuelle avant départ : contrôler la forme et le nœud d’arrêt avant chaque grimpe

En randonnée glaciaire et alpinisme

En randonnée glaciaire et en alpinisme, le nœud de chaise est utilisé dans la technique d’encordement en N. Cette configuration permet à chaque membre de la cordée d’être relié au milieu de la corde avec un nœud de chaise, tandis que les extrémités portent un nœud de huit. Le principal avantage sur glacier est la vitesse d’installation et la possibilité de modifier rapidement la longueur de corde entre les membres de la cordée. En cas de chute dans une crevasse, le nœud de chaise conserve sa capacité à être défait facilement, ce qui facilite les manœuvres de dégagement. Les guides de haute montagne l’apprécient particulièrement pour sa polyvalence lors des traversées de glacier où les configurations d’encordement changent fréquemment.

Comparaison nœud de chaise vs nœud de huit pour la sécurité

Critère Nœud de chaise Nœud de huit
Sécurité intrinsèque Nécessite nœud d’arrêt obligatoire Sûr sans nœud d’arrêt
Vérification visuelle Moins évidente d’un coup d’œil Reconnaissable très rapidement
Facilité de réalisation Rapide à apprendre et mémoriser Plus long à maîtriser
Défaire après tension Se défait facilement après une chute Très dur à dénouer après forte tension
Risque de glissement Glisse et se dénoue sans tension constante Ne glisse pas
Adoption professionnelle Peu utilisé en compétition Standard des pros et compétitions

Le nœud de huit reste le choix le plus sûr pour l’escalade, en particulier pour les débutants. Sa structure ne nécessite pas de nœud d’arrêt supplémentaire et sa forme est immédiatement identifiable d’un coup d’œil. Les compétitions et les guides professionnels l’ont largement adopté comme référence.

Le nœud de chaise conserve des avantages pratiques indéniables. Il se réalise plus rapidement et reste facile à défaire même après avoir subi une forte tension. En alpinisme ou en randonnée glaciaire, où l’on peut enchaîner plusieurs encordements dans la journée, cette facilité de dénouage représente un gain de temps et de confort non négligeable.

Cependant, le nœud de chaise présente un talon d’Achille : sans tension constante, il peut glisser et se dénouer complètement. Cette particularité impose impérativement un nœud d’arrêt en escalade pour sécuriser le brin libre. Le choix entre les deux nœuds dépend donc du contexte : le nœud de huit pour une sécurité maximale et une vérification facile, le nœud de chaise pour sa rapidité d’exécution et son dénouage aisé.

Sécurisation et vérification du nœud de chaise

  • Nœud d’arrêt obligatoire anti-glissage : Sans lui, le nœud de chaise peut glisser et se dénouer complètement sous tension. Ce nœud de sécurité est impératif, contrairement au nœud de huit qui ne l’exige pas.
  • Brin assez long pour nœud sécurité : Laissez toujours un brin courant suffisamment long (au moins 20 à 30 cm après le nœud) pour pouvoir réaliser un nœud d’arrêt fiable, comme un nœud de barillet ou demi-nœud.
  • Vérifier forme avant de décoller : Contrôlez visuellement la structure : la boucle de verrouillage doit être parallèle à la bouche du puit. Si elle est inversée, le nœud peut se retourner. Vérifiez aussi que les deux brins entrent et sortent correctement de la ganse.
  • Tester en tirant fermement au sol : Avant de quitter le sol, mettez le nœud en tension en vous suspendant brièvement dedans. Cela le met en place et confirme qu’il ne se desserre pas. Une fois la tension relâchée, le nœud ne doit pas bouger.

Variantes du nœud de chaise en escalade

Le nœud de chaise double est une variante essentielle qui consiste à retricoter l’extrémité libre pour former une seconde boucle de verrouillage. Cela renforce la sécurité du nœud sans nécessiter un nœud d’arrêt séparé, ce qui est utile lors d’un encordement en N en randonnée glaciaire.

Le nœud de calfat, ou boucle doublée, offre une résistance accrue en répartissant la charge sur deux brins parallèles. Pour des situations spécifiques, le nœud de chaise à l’anglaise place le courant à l’extérieur de la ganse, tandis que la version largable ajoute une petite ganse sur le brin courant pour un dénouage rapide sous tension.

Chaque variante répond à un usage précis : le double pour la polyvalence sécurisée, le calfat pour la robustesse, et la version largable pour les manœuvres temporaires. Le choix dépend du type de terrain et du niveau de risque acceptable.

Caractéristiques générales du nœud de chaise

Souvent qualifié de « roi des nœuds », le nœud de chaise forme une boucle fixe qui ne coulisse pas sous tension. Sa structure repose sur quatre éléments : le dormant, le courant, la boucle de verrouillage et la ganse fixe.

Il résiste parfaitement aux fortes tensions sans glisser, mais son véritable atout est de se dénouer facilement, même après avoir subi le poids d’une chute. Historiquement utilisé pour maintenir le gabier dans le gréement des navires, il reste le choix de nombreux grimpeurs pour sa rapidité d’exécution et sa mémorisation intuitive.


Nœud de chaise escalade : guide et sécurité pas à pas