Épitrochléite (tendinite interne du coude) : définition, symptômes et traitements

L’épitrochléite est une inflammation des tendons de la face interne du coude.

  • Plus de 90 % des cas guérissent sans chirurgie.
  • Surcharge mécanique répétée, pas un traumatisme unique.
  • Traitement conservateur : repos, antalgiques et rééducation kiné.
  • Immobilisation de 8 à 10 jours parfois nécessaire.
  • Chirurgie seulement après échec du traitement médical.
  • Reprise du sport autorisée dès 2 mois post-opératoires.

Définition : qu’est-ce qu’une épitrochléite ou tendinite interne du coude ?

L’épitrochléite, également appelée « tennis elbow » inversé ou « coude du golfeur », est une inflammation des tendons situés sur la face interne du coude. Ces tendons s’insèrent au niveau de l’épitrochlée, une petite excroissance osseuse de l’humérus, et sont responsables de la flexion du poignet et des doigts. Cette pathologie est l’équivalent de l’épicondylite, mais se manifeste du côté du petit doigt.

Contrairement à une inflammation aiguë, cette tendinite est souvent liée à une surcharge mécanique répétée plutôt qu’à un traumatisme unique. La douleur, localisée à l’intérieur du coude, peut devenir chronique et handicaper les gestes du quotidien, comme toute douleur au coude qui persiste. Elle touche aussi bien les sportifs que les personnes exerçant des métiers manuels. Heureusement, dans plus de 90 % des cas, une prise en charge adaptée permet une guérison complète sans recours à la chirurgie.

Les traitements de l’épitrochléite : médical, conservateur et chirurgical

tendinite coude interne

La prise en charge de la tendinite interne du coude repose d’abord sur des traitements conservateurs. Ce n’est qu’en cas d’échec après plusieurs mois qu’une solution chirurgicale est envisagée. Dans la grande majorité des cas, les traitements non invasifs suffisent à guérir.

Le traitement médical et conservateur de première intention

Dès le diagnostic posé, l’objectif est de mettre au repos les tendons inflammés en stoppant les activités responsables de la douleur. Une immobilisation en écharpe de 8 à 10 jours est parfois nécessaire pour soulager l’articulation. Des antalgiques et des anti-inflammatoires sont prescrits pour réduire la douleur et l’inflammation locale, un remède contre la douleur au coude souvent efficace.

Parallèlement, la rééducation occupe une place centrale. La kinésithérapie, l’ostéopathie, l’acupuncture ou l’ergothérapie permettent de guérir plus de 90 % des cas. Les massages transverses profonds, pratiqués par un professionnel, sont particulièrement efficaces pour dénouer les adhérences et relancer la circulation locale, à l’image d’une lésion de poulie au doigt.

La prise en charge chirurgicale : indications et suites opératoires

La chirurgie est réservée aux patients chez qui le traitement médical a échoué après plusieurs mois, à l’instar d’une fracture de la clavicule déplacée. L’intervention consiste en une ténotomie (section partielle du tendon) ou un débridement des tissus endommagés et une réparation de l’insertion tendineuse.

Les suites opératoires sont généralement simples. Vous pouvez reprendre vos activités non physiques dès le lendemain de l’opération, tout comme après une fracture de la clavicule. La prise d’antidouleurs ne dépasse généralement pas 2 à 3 jours. La rééducation débutée 2 semaines après la chirurgie est essentielle pour retrouver une mobilité complète, comme pour une blessure de poulie en escalade. Les activités physiques reprennent progressivement après 6 à 8 semaines, et la reprise du golf ou des sports sollicitant fortement le coude est autorisée à partir de 2 mois. Le retour au travail de bureau intervient, lui, après quelques semaines seulement.

Les symptômes de la tendinite interne du coude

L’épitrochléite se manifeste par une douleur localisée sur la face interne du coude, qui peut irradier le long de l’avant-bras jusqu’au poignet. Cette douleur, souvent décrite comme une sensation de brûlure ou de tiraillement, est le signe clinique principal de l’inflammation des tendons fléchisseurs.

  • Douleur face interne du coude et de l’avant-bras
  • Douleur aggravée lors de la flexion du poignet et des doigts
  • Douleur nocturne possible, pouvant entraîner des insomnies
  • Gêne gestes quotidiens et sportifs
  • Perte de mobilité du coude sans traitement

La douleur s’intensifie lors de la flexion des doigts et du poignet, notamment quand vous saisissez un objet, serrez une poignée de porte ou tournez une clé, comme une poulie du doigt endommagée. Les gestes de la vie courante comme porter un sac de courses, soulever une casserole ou pratiquer un sport de raquette deviennent rapidement handicapants.

Sans prise en charge adaptée, cette gêne peut évoluer vers une perte de mouvement du coude et persister plusieurs mois, voire plusieurs années. La douleur, qui se manifeste d’abord à l’effort, peut devenir permanente et perturber le sommeil, avec des réveils nocturnes fréquents liés à l’inflammation, comparable à une lésion de la poulie digitale. Si ces symptômes sont souvent discrets au début, ils s’aggravent progressivement et doivent vous alerter pour consulter rapidement un médecin.

Les causes et facteurs de risque de l’épitrochléite

Les causes mécaniques de la tendinite interne

La cause principale de l’épitrochléite est la répétition excessive d’un geste de flexion du poignet contre résistance. Ce mouvement sollicite en continu les muscles pronateurs et fléchisseurs qui s’insèrent sur l’épitrochlée, cette petite excroissance osseuse située à l’intérieur du coude.

À force de surcharger ces tendons sans leur laisser le temps de récupérer, des micro-lésions apparaissent puis s’accumulent. Le tendon s’enflamme, s’affaiblit et finit par dégénérer. C’est ce que l’on appelle communément le « coude du golfeur », car le geste du swing reproduit exactement ce mécanisme de torsion et de flexion répétée.

Les facteurs de risque et populations concernées

Certaines activités et profils sont plus exposés que d’autres au développement d’une tendinite interne du coude. Voici les principaux facteurs de risque identifiés :

  • Golfeurs, tennismen et sports de raquette : gestes répétitifs de flexion du poignet
  • Professions manuelles : maçons, électriciens, plombiers, jardinier aux mouvements répétitifs
  • Âge favorisant : la dégénérescence tendineuse progresse naturellement avec les années
  • Manque de repos : enchaîner les efforts sans récupération aggrave les lésions existantes
  • Technique gestuelle inadaptée : un mauvais geste augmente la tension sur le tendon

Le manque de repos reste un facteur aggravant majeur. Beaucoup de patients continuent leurs activités malgré la douleur, ce qui prolonge considérablement la guérison. Une technique gestuelle inadaptée ou un équipement mal réglé (manche trop lourd, outil mal adapté) augmente également la tension exercée sur le tendon et accélère son usure.

Enfin, la dégénérescence naturelle des tendons liée à l’âge constitue un terrain favorable : les tendons deviennent moins souples, moins vascularisés et donc plus vulnérables aux micro-traumatismes répétés.

Comment diagnostiquer une épitrochléite interne du coude ?

L’examen clinique : première étape du diagnostic

Le diagnostic de l’épitrochléite repose avant tout sur un examen clinique approfondi réalisé par un médecin. Ce dernier recherche les signes caractéristiques de l’inflammation et écarte les autres pathologies pouvant expliquer une douleur au coude (arthrose, atteinte nerveuse, etc.).

Lors de cet examen, le praticien palpe la face interne du coude pour reproduire la douleur à l’insertion des tendons. Il réalise également des manœuvres spécifiques, comme la résistance à la flexion du poignet, qui déclenchent une douleur caractéristique. Ces tests permettent de confirmer l’atteinte des tendons fléchisseurs sans recourir à l’imagerie dans la majorité des cas.

Les examens d’imagerie en cas de doute diagnostique

Si l’examen clinique ne suffit pas ou si un doute persiste sur une éventuelle rupture tendineuse, le médecin peut prescrire des examens complémentaires. L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) est l’examen de référence : elle visualise avec précision l’état des tendons, leur épaisseur et les éventuelles lésions associées.

L’échographie constitue également un complément utile, car elle permet d’observer les tissus mous en temps réel et de vérifier la vascularisation du tendon. Ces examens ne sont généralement prescrits qu’en cas de doute diagnostique ou de douleur persistante. En pratique, le délai avant de prescrire une imagerie est d’environ 6 mois d’évolution malgré un traitement médical bien conduit.

  • IRM : visualise les tendons et leurs lésions avec précision
  • Échographie : complément utile pour analyser les tissus mous
  • 6 mois : délai avant imagerie si douleur persistante
  • Rupture tendineuse : détectée efficacement par l’IRM

Exercices de rééducation et étirements pour l’épitrochléite

La rééducation est une étape décisive pour traiter durablement une épitrochléite et éviter les récidives. Elle est généralement encadrée par un kinésithérapeute qui adapte le programme à votre niveau de douleur et à votre progression.

  • Massages transverses profonds : réalisés par un kinésithérapeute, ils visent à assouplir le tendon et à casser les adhérences fibreuses, avec un effet antalgique rapide.
  • Étirements progressifs des fléchisseurs : le poignet en extension et le coude tendu, ils doivent être doux et maintenus au moins 30 secondes pour restaurer la souplesse musculaire.
  • Renforcement excentrique des muscles : une priorité pour consolider le tendon. Le muscle s’allonge sous tension, ce qui stimule la cicatrisation et prévient les rechutes.
  • Exercices supervisés : un professionnel vous guide pour travailler en douceur la flexion du poignet contre résistance, en augmentant les charges de façon progressive.
  • Rééducation post-chirurgicale : après une opération, elle démarre idéalement 2 semaines après l’intervention, avec des mouvements non physiques dès le lendemain pour éviter la raideur.

L’objectif est de retrouver une mobilité complète du coude et de l’avant-bras, tout en respectant les signaux de la douleur. Ne forcez jamais un étirement douloureux : la régularité prime sur l’intensité. Un programme bien conduit sur 6 à 8 semaines permet une reprise progressive des activités physiques, avec un retour au golf envisageable seulement après 2 mois de rééducation post-chirurgicale. Ce travail ciblé reste la meilleure assurance pour renforcer le tendon et éviter qu’il ne redevienne inflammatoire.

Prévention de la tendinite du golfeur et délais de guérison

La prévention repose avant tout sur la correction des gestes techniques et l’adaptation du matériel pour éviter toute tension excessive sur le coude. Il est essentiel de modifier les mouvements répétitifs responsables de la surcharge des tendons. Un retard de prise en charge peut considérablement allonger la durée de la guérison, qui est souvent longue et imprévisible.

Après une chirurgie, la récupération suit un calendrier précis : la reprise des activités légères peut se faire dès la première semaine, tandis que la reprise du travail de bureau intervient après quelques semaines. Il faut compter 6 à 8 semaines pour un retour progressif aux activités physiques, et 2 mois avant de reprendre le golf. Passé ce délai, plus de 90 % des cas guérissent durablement grâce aux traitements alternatifs et à une rééducation adaptée.