Construire un relais sécurisé en grande voie : méthodes, équipement et bonnes pratiques
Un relais sécurisé repose sur deux points fiables, testés et équilibrés.
- Deux points solides : plaquettes ou goujons inspectés, becquets, arbres, coinceurs.
- Nœud de huit double ou chaise pour relier les points par anneau de corde.
- Vérification finale : nœuds serrés, mousquetons verrouillés, sangles sans torsion.
- Entraînement encadré par un professionnel avant l’autonomie en falaise.
- Réversibilité des manips : chaque nœud et mousqueton se défait facilement après usage.
- Équilibrage des charges : répartition équitable de l’effort entre les deux points.
Construction du relais : méthodes et étapes clés pour un point sûr
Les critères fondamentaux d’un relais efficace
- Efficacité dans l’action : construction rapide et intuitive, même en conditions difficiles.
- Robustesse structurelle : résiste aux chutes répétées et aux frottements sur le rocher.
- Fiabilité absolue : chaque point testé et validé avant de recevoir la charge du leader.
- Réversibilité des manips : chaque nœud et mousqueton se défait facilement après usage.
- Simplicité d’exécution : moins de mouvements complexes signifie moins de risques d’erreur.
La construction du relais constitue une étape clé de l’ascension : elle conditionne la sécurité des deux grimpeurs pour toute la longueur suivante. Un relais doit être pensé comme un point de sécurité central, capable de supporter des chutes de facteur 2 sans défaillance, tout en permettant au leader de repartir dans de bonnes conditions.
Construction sur points artificiels et naturels
En grande voie équipée, les points artificiels plaquettes et goujons constituent le support principal, comme sur les falaises accessibles par la route de Presles. Ils doivent être systématiquement inspectés : vérifiez qu’ils ne bougent pas sous la pression du pouce, qu’aucune corrosion n’affecte la plaquette et que les goujons ne dépassent pas anormalement de la roche.
Sur un terrain non équipé, les points naturels prennent le relais : becquets, arbres, coinceurs et friends placés dans des fissures solides. La recherche de deux points solides est une compétence qui s’acquiert avec l’expérience un becquet massif et arrondi, un arbre bien ancré, une fissure saine pour un coinceur parfaitement calé, à l’image des parcours de via ferrata en France. Le terrain dictant souvent la configuration, il est essentiel de maîtriser plusieurs types de constructions et de savoir évaluer les avantages et inconvénients de chaque installation en fonction de la roche et de l’orientation de la voie.
Étapes séquentielles d’une construction fiable
- Trouver deux points solides : privilégier un point principal et un point secondaire de qualité égale.
- Installer dégaines ou sangles : les placer de manière à ce qu’elles travaillent dans l’axe de la chute.
- Relier par anneau de corde : avec un nœud de chaise (huit double ou nœud de huit) reliant les deux points.
- Vérifier l’équilibrage des charges : les deux points doivent recevoir une répartition équilibrée de l’effort.
- S’assurer sur deux points : le grimpeur relie son baudrier au relais avec vache et mousqueton à verrouillage.
La vérification finale ne doit jamais être négligée : chaque nœud est serré, chaque mousqueton est verrouillé et orienté dans le bon sens, les sangles ne présentent aucune torsion, une rigueur comparable à celle exigée par la différence bloc voie. Cette validation passe par un entraînement spécifique avant de s’aventurer en autonome en grande voie, la technique du relais se réserve, ne s’improvise pas. Faites valider vos constructions par un professionnel (guide ou moniteur de club) avant de les reproduire en conditions réelles ; c’est une étape obligatoire pour acquérir les bons réflexes.
Assurage du leader au relais : techniques et adaptations selon le terrain

Une fois le relais construit et vérifié, l’assurage du leader doit s’adapter à la configuration du terrain, selon les principes du montage de relais. Votre position et la gestion du renvoi de corde sont déterminantes pour garantir une retenue efficace en cas de chute.
Ajustez votre placement afin que le renvoi ne tire pas vers le bas, ce qui limiterait votre mobilité. Gardez en tête que le déclippage du relais est strictement interdit. Contrairement à une dégaine de progression, le relais ne se déclipse jamais, même après les premières dégaines posées.
Une chute, même légère, peut projeter le leader latéralement si la corde est lâche ou si l’angle de renvoi est mauvais. Une position stable et un renvoi maîtrisé réduisent considérablement ce risque et protègent le grimpeur comme l’assureur.
Manipulations de corde : maîtriser les manœuvres pour sécuriser la transition
Le relais est le point névralgique qui relie la progression à la sécurité. Chaque manœuvre de corde effectuée à cet endroit doit être précise, rapide et parfaitement maîtrisée, car c’est là que se joue la continuité de l’ascension. Voici les gestes essentiels à connaître avant de s’engager.
Nœud de chaise pour s’assurer : une fois le relais rejoint, le grimpeur s’attache directement au point central avec ce nœud, libérant ainsi le descendeur pour l’assurage du second.
Vache courte sur point : elle permet de rester relié à la paroi tout en ayant les mains libres pour installer l’assurage, une technique détaillée dans les guides sur le vacher relais. Elle se place sur un point indépendant du relais principal.
Anneau de corde pour relier : cette boucle fermée par un nœud de pêcheur double relie le grimpeur au relais. Elle offre une grande résistance tout en gardant de la souplesse.
Manips classiques et rapides : le passage de l’assurage du leader à celui du second doit s’effectuer sans à-coup, avec des gestes rodés pour minimiser le temps d’exposition aux chutes.
Réviser les gestes en ligne : il est possible de revoir ces manœuvres sur des sites spécialisés qui proposent des tutoriels vidéo et des schémas détaillés des nœuds et des préparations.
Logique de la transition : chaque geste doit suivre une logique claire pour sécuriser la transition entre la montée et la redescente, sans ambiguïté sur qui assure qui.
Les mouvements doivent devenir des réflexes, acquiérés par un entraînement régulier au sol avant d’être reproduits en condition réelle, en complément de la sécurité assurage automatique. Une validation de ces techniques avec un professionnel est fortement recommandée pour corriger les mauvaises habitudes.
Équipement et matériel : vache, sangle, mousquetons choisir et vérifier
Le matériel de base pour un relais en grande voie
Construire un relais sécurisé repose d’abord sur un kit de base cohérent et compatible. Chaque élément doit être adapté à la pratique de la grande voie et correctement entretenu. Voici l’équipement indispensable à maîtriser avant de se lancer.
- Vache et longe réglable : s’auto-assurer immédiatement au relais, idéalement avec un système réglable type cordelette ou longe dynamique
- Sangles et anneaux : pour relier les points entre eux ou équiper un becquet, avec une résistance adaptée (anneaux cousus ou sangles plates)
- Mousquetons à vis : à utiliser systématiquement sur le point central et l’assurage, avec un verrouillage manuel ou automatique (type HMS)
- Dégaines dédiées au relais : modèles plus longs pour réduire le frottement de la corde et optimiser l’angle entre les points
- Corde dynamique : le diamètre doit correspondre aux dispositifs d’assurage utilisés (généralement 8,5 à 10 mm sur les cordes à double ou jumelées)
Vérification du matériel et des points avant utilisation
La fiabilité d’un relais repose sur une inspection rigoureuse de chaque composant, tout comme la vérification des accès au col du pin-bouchain. Avant toute construction, lisez les notices techniques des produits utilisés et vérifiez l’état général de votre équipement. Un mousqueton fissuré, une sangle effilochée ou un point de mauvaise qualité compromettent l’ensemble de la chaîne de sécurité.
Contrôlez également les ancrages en place : plaquettes, goujons ou spits doivent être inspectés visuellement. Recherchez les signes de corrosion, de jeu ou de déformation. Pour les points naturels, évaluez la solidité du rocher et l’absence de fissures suspectes. En cas de doute, ne pas valider la construction il est préférable de démonter et de reconsidérer la configuration.
La validation des techniques avec un professionnel reste la meilleure garantie pour intégrer ces réflexes de contrôle. L’entraînement régulier et la répétition des gestes permettent d’acquérir les bons automatismes avant de s’engager sur des voies plus exigeantes.
Comprendre les efforts en jeu au relais : forces et conséquences pour la construction
Comprendre les efforts en jeu est essentiel pour bâtir un relais durable. Lors d’une chute, le point de sécurité central subit des forces bien supérieures au poids du grimpeur. Les tests en laboratoire et sur le terrain montrent des ordres de grandeur spécifiques qui influencent directement le choix des ancrages et la géométrie de votre installation.
Avec un facteur de chute élevé, la force d’impact peut atteindre plusieurs kilonewtons, notamment si la corde est statique ou si le relais est direct. Un relais dégagé permet de réduire les à-coups, mais une mauvaise répartition de la charge sur les points peut créer des effets de levier et fragiliser l’ensemble. Une construction équilibrée, où chaque ancrage travaille dans son axe, reste la meilleure protection contre la défaillance.
