Traversée des Aiguilles du Diable : guide pratique et récit d’ascension

La traversée relie cinq pointes mythiques de l’Isolée à la Corne du Diable.

  • Altitude maximale atteinte à l’Isolée (4 114 m).
  • Rappels limités à 30 mètres, corde de 60 m suffisante.
  • Première traversée intégrale par Armand Charlet en 1925.
  • Passage clé entre Médiane et Chaubert, roche déliteuse.
  • Sortie à la Corne du Diable (4 064 m), vue sur l’Italie.

Récit & itinéraire de la traversée des Aiguilles du Diable

Déroulé de la traversée (de l’Isolée à la Corne)

  • Départ depuis l’Isolée (4 114 m) point culminant de la traversée, aussi nommée pointe Blanchet
  • Pointes Carmen puis Médiane enchaînement technique sur l’arête, avec des passages exposés
  • Enchaînement vers Chaubert section plus aérienne, demande une bonne lecture du terrain
  • Fin à la Corne du Diable ultime sommet à 4 064 m, point de sortie de la traversée intégrale
  • Corde de 60 m suffisante les rappels ne dépassent jamais 30 mètres, ce qui permet de les enchaîner sans fractionner

La traversée intégrale relie les cinq pointes mythiques dans l’ordre : Isolée (4 114 m), Carmen (4 109 m), Médiane (4 097 m), Chaubert (4 074 m) et Corne du Diable (4 064 m). L’enchaînement se fait sans redescente majeure, sur une arête presque continue. Les rappels, tous inférieurs à 30 mètres, se gèrent avec une seule corde de 60 mètres, ce qui simplifie la logistique et le poids du sac. Le passage clé reste le franchissement de la brèche entre la Médiane et Chaubert, où la roche devient plus déliteuse et demande une attention soutenue. La sortie à la Corne du Diable offre un panorama direct sur le versant italien, souvent moins fréquenté que l’approche côté français.

Histoire et premières ascensions

Les grandes dates de cette arête s’inscrivent dans les annales de l’alpinisme français. La pointe Carmen a été vaincue la première, le 13 août 1923, par une cordée conduite par le guide Armand Charlet. Celui-ci récidive le 8 juillet 1925 pour l’Isolée, la pointe la plus haute. Charlet réalise également la première traversée intégrale des cinq pointes, ouvrant la voie à une génération d’alpinistes. Plus récemment, des records de vitesse ont été établis, notamment par Nicolas Jean, dont l’ascension flash a marqué le milieu. Pour les puristes, cette arête reste un passage obligé avant d’envisager des courses plus engagées dans le massif du Mont-Blanc.

les aiguilles du diable

Ascensions et stages similaires aux Aiguilles du Diable

Pour les alpinistes cherchant des courses techniques similaires, la traversée de la Meije Orientale est une excellente alternative. Le record de Nicolas Jean sur ce sommet illustre le niveau d’exigence requis, comparable à celui des Aiguilles du Diable.

Des stages d’alpinisme sont régulièrement organisés sur l’arête de la Belle Étoile ou la traversée de la Dent du Géant. Ces parcours permettent de travailler le terrain mixte et les rappels sur corde de 60 m, compétences directement transposables aux cinq pointes de l’Isolée à la Corne.

À découvrir aussi

Pour varier les terrains d’entraînement, les gorges de Crossey offrent une grande voie de 135 mètres en cinq longueurs, avec une approche de dix minutes et une orientation sud.

Entre deux courses en haute montagne, on peut changer de décor : le village médiéval de Saint Jean de Buèges se découvre à l'échelle humaine, avec ses 208 habitants et son patrimoine, du château de Baulx à sa mairie au Grand Chemin.

Pour ceux qui souhaitent s’entraîner, les topos disponibles détaillent des itinéraires de difficulté progressive. L’avis de l’ENSA recommande d’avoir réalisé le parcours intégral des Aiguilles du Diable avant de tenter des combinaisons plus engagées.

Approche et conditions idéales pour les Aiguilles du Diable

L’accès aux Aiguilles du Diable commence au téléphérique de l’Aiguille du Midi. En été, le premier départ est à 6h30, ce qui permet une approche matinale depuis la gare terminus.

Depuis l’Aiguille du Midi, traversez l’arête sommital vers la brèche, puis contournez le glacier. Le matériel neige/glace est obligatoire pour franchir les passages techniques et le retour. Une corde de 60 m suffit pour les rappels, dont la longueur maximale est de 30 m.

Les conditions idéales se jugent sur place avant de s’engager. Observez l’enneigement des pentes et l’état des rochers. Le parcours intégral des cinq pointes est conseillé par l’ENSA pour qui maîtrise déjà les courses mixtes en haute montagne.

Équipement et prérequis pour cette course d’alpinisme

La traversée des Aiguilles du Diable exige une préparation rigoureuse et un matériel adapté à l’environnement de haute montagne. Les conditions sur l’arête, bien que souvent rocheuses, imposent une vigilance absolue sur la glace et la neige résiduelle. L’avis de l’ENSA recommande le parcours intégral pour les cordées autonomes et expérimentées.

  • Corde de 60 m minimale : une corde de 60 mètres suffit pour l’ensemble des rappels, dont la longueur maximale n’excède pas 30 mètres.
  • Coinceurs câblés et sangles : emportez un jeu de coinceurs (câblés et mécaniques) ainsi que des sangles pour les relais et les points de protection sur le rocher.
  • Matériel neige/glace complet : piolet, crampons et crampons avant sont obligatoires pour l’approche et le retour, souvent enneigés même en été.
  • Observation préalable des conditions : une observation visuelle depuis le téléphérique ou les refuges permet d’évaluer l’état de la neige et la présence de glace sur les vires.
  • Matériel de sécurité individuelle : casque, baudrier, mousquetons à vis, dégaines et système d’assurage léger pour évoluer rapidement.

Questions fréquentes sur les Aiguilles du Diable

Quels sont les meilleurs mois pour tenter la traversée ?

Les meilleurs mois pour la traversée des Aiguilles du Diable sont juillet, août et début septembre, lorsque la neige en versant nord a fondu et que les conditions rocheuses sont optimales.

Faut-il un guide pour gravir les Aiguilles du Diable ?

Non, ce n’est pas obligatoire, mais un guide est vivement recommandé aux alpinistes sans expérience préalable de l’arrête et du rocher en haute montagne.